Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent — on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur penchant dominant — avares ou prodigues —, ils usent du royaume comme de leur héritage. Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable ; il le serait, je crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle grandeur, il décidait de n’en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d’écarter si bien les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets que, pour récent qu’en soit le souvenir, il s’efface
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mercredi 8 mars 2017
dimanche 23 octobre 2016
Joie. Maeki Maii
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| Mark Rothko, Untitled, Orange on Yellow, 1956 |
Mais la Joie ce n’est pas ça. Non. La Joie… elle est toute visage. Toute innocence. Très, très lumineuse. Elle se parfume d’eau fraîche. Elle adoucit les mœurs. C’est un coussin en soie ou en satin. Avec des petites décorations cousues à la main. Des pétales de grâce en jasmin. La joie est très féminine, sans artifice, sans prétention. Mutine. Quand elle rit, les océans se scindent en deux pour laisser passer les cortèges de tendresse pénétrer l’épine dorsale. Quand elle crie, les cieux déversent des torrents de larmes de délicatesse, à en noyer nos Ames. Câline, elle embrasse, elle
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