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mardi 14 avril 2015

Ad vitam æternam. Mary Poppins.

Oh mon dieu. En une semaine, au moins douze personnes m’en ont parlé, et j’ai été obligée de voir que la presse relayait l’info. Il n’est donc plus exclu que l’homme soit immortel, et prochainement en plus de ça. C’est-à-dire que je risque d’assister à cette très vilaine tragédie. J’imagine qu’ils sont contents, les petits rats de laboratoire, les apprentis-chimistes à qui on devrait couper les mains et la langue. Comme le dit ma mère, ils feraient mieux d’inventer un truc pratique pour ouvrir l’emballage des pâtes. Mais non, ils ont vu plus haut, ceux-là. Ils se sont dit tiens, on va faire un truc que personne n’a fait. Bon, en vrai, ça part souvent d’un bon sentiment. Et comme d’habitude, ça va dégénérer.  Je revois l’histoire d’Alfred Nobel, qui, en voulant rendre la nitroglycérine plus maniable, met au point la

samedi 14 juin 2014

De la mort. Mary Poppins.

Enfant, violemment confrontée à la mort, je me suis demandée pourquoi les adultes n’ouvraient pas les paupières des morts, persuadée qu’ils reprendraient vie une fois qu’ils auraient les yeux rouverts. Pendant quelques jours, j’ai promené avec moi, naïvement, la certitude d’avoir découvert le secret de l’immortalité. Evidemment, il a fallu que, distraitement, quelqu’un de pas tout à fait bienveillant rectifie mon tir et m’ouvre les yeux, à moi : non, il est impossible de réveiller un mort, et puis il est impossible de ne pas mourir. Je mourrai, un jour. Toi, tu mourras aussi. Et eux, ils mourront tous.

Sur le coup, ce fut un choc. Tout a vacillé, plus rien ne pouvait être un refuge, les nuits étaient opaques, les jours