Lorsque mon rédacteur en chef (qui est tyrannique et à peu près fou) m’a annoncé : en avril on sort un numéro sexuel, j’ai d’abord râlé, puis j’ai vite intégré l’idée que j’allais devoir m’y plier vu que je suis la seule à écrire pour lui, les autres ont foutu le camp, et alors sans moi, on fermerait la boutique. J’ai commencé à dessiner quelques enchevêtrements de corps, un bras ici, là la pointe d’un sein, juste au-dessus d’une turgescence, le tout emmêlé de cheveux et j’allais ajouter une fine lanière de cuir lorsque j’ai réalisé que je m’ennuyais. Peut-être que plus exactement je n’ai pas le talent d’écrire quelque chose qui ferait bander comme le fait très bien Albert Fumier, qui porte bien son nom celui-là, qui n’a jamais rendu son texte. Mais parlons de sexe, oui, finalement.
Les photographies de Rupi Kaur m’avaient agacée comme m’agace toujours l’art qui ne trouve de légitimité qu’en éventrant les tabous d’une société sur le déclin. La fille pose tachée du sang de ses règles. Cette fois j’ai bien voulu m’y arrêter
