Je suis probablement morte une première fois dans la cour de l’école Paul Bert lorsque le petit Richard B., l’incisive aigüe, l’œil brillant, m’a achevée d’un coup de « Le Père Noël, c’est tes parents ! ». Le ciel gris, ce matin-là, a froidement délayé son encre triste et poisseuse dans mes artères. On venait d’abattre le Père Noël sous mes yeux alors qu’il était, sans doute, le seul auquel il ne fallait pas toucher, le seul auquel j’aurais pu vouer un culte sincère, le seul dont j’aurais pu craindre la sentence. Brusquement arraché au ciel d’où il régnait en maître sur mon monde, l’été comme l’hiver, il fut jeté à terre, où chacun venait le piétiner, abjurant l’émerveillement, l’impatience des longues nuits de décembre. Je les ai tous vu mépriser le mystère et la candeur de l’enfance, je les ai entendu
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dimanche 21 décembre 2014
vendredi 15 février 2013
Tu ne mourras point. Marie Jeanne
Qui n’a jamais rêvé, de planter son compas dans la tête du camarade de classe assis devant ? Qui ne s’est pas imaginé en train de trancher la gorge à son patron lorsqu’il utilise l’humiliation publique comme expression de son pouvoir ? Qui n’a pas connu ce désir profond d’appuyer à fond sur la pédale d’accélérateur quand la mamie, avec son petit sac à main serré contre sa poitrine, traverse un passage piéton à la vitesse de son déambulateur ?
Le meurtre est un art délicat qui, tapi en chacun de nous, attend d’exploser tel un geyser de folie un soir de débauche. Nous sommes tous des artistes à la recherche d’une muse. L’inspiration investit notre corps par surprise alors que le talent se développe en pratiquant. Comment exceller dans un art si l’on ne peut s’y exercer allègrement ? Si seulement les lois n’existaient pas. Si aucune convention sociale ne pouvait freiner nos ardeurs sanguinaires. Que se passerait-il si le contrôle était laissé au ça ? N’obéir qu’à une seule chose : nos pulsions aussi destructrices soient-elles.
Le meurtre est un art délicat qui, tapi en chacun de nous, attend d’exploser tel un geyser de folie un soir de débauche. Nous sommes tous des artistes à la recherche d’une muse. L’inspiration investit notre corps par surprise alors que le talent se développe en pratiquant. Comment exceller dans un art si l’on ne peut s’y exercer allègrement ? Si seulement les lois n’existaient pas. Si aucune convention sociale ne pouvait freiner nos ardeurs sanguinaires. Que se passerait-il si le contrôle était laissé au ça ? N’obéir qu’à une seule chose : nos pulsions aussi destructrices soient-elles.
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