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jeudi 10 décembre 2015

L'interview de Gustavo : Sylvia Lebègue !

Sylvia Lebègue fut la compagne du Professeur Choron pendant vingt ans. En janvier dernier est sorti son livre "Choron et moi", un témoignage essentiel d'une sincérité admirable sur cette histoire d'amour avec le co-créateur d'Hara Kiri et Charlie Hebdo. Entretien fleuve sans langue de bois.

Gustavo Mazzatella : Choron est-il le premier homme que vous avez connu ? Imaginiez-vous vivre une histoire d’amour de la sorte quand vous étiez jeune fille ?

Sylvia Lebègue : Le Professeur Choron est en effet le premier homme avec lequel je me suis engagée si longtemps. Une vie en somme, et pas des moindres, de plus nous avions 31 ans d’écart. Lorsque je l’ai rencontré, j’avais 24 ans et lui 55. C’est peut être insignifiant sur le moment, mais lorsque le temps passe et que l’on voit son conjoint atteint de multiples « petits bobos à répétition », on commence à réaliser qu’on a peut- être eu un « moment d’égarement » ! Je ne m’étais pas préparée à vivre une relation sans mariage, ni

mardi 13 janvier 2015

Le Nouveau Monstre, janvier 2015 :


Je suis Choron. Gustavo Mazzatella.

Voilà le mot d’ordre : je suis Charlie. C’est écrit partout, dans les rues, sur les vitrines de magasins, les panneaux d’autoroute, sur Twitter, toutes les photos de profil Facebook... La France et ses habitants n’ont jamais été aussi lucides : ils sont Charlie. Charlie Hebdo, celui de 1992, de l’autoritaire et prétentieux Philippe Val, piètre bouffon du pouvoir, de Charb et consorts. Et aussi de quelques anciens, des vieux de la vieille, Cavanna, Cabu, Wolinski. Oui, les Français sont Charlie : tous unis, républicains, bourgeois, corporatistes, médiocres, beaufs, moralisateurs, collaborationnistes avec cet ultra-libéralisme, racistes, dociles, veules, bêtes. Entendez moi bien : je ne cherche pas à rabaisser les personnes décédées ce 7 janvier 2015, ni, encore pire, à glorifier l’acte des auteurs de cet attentat. Ce qu'il s’est passé est

Fiche bricolage du Professeur Choron.


Pur génie.

L'interview du professeur Choron !

Extrait du livre « Je bois, je fume et je vous emmerde », entretiens philosophiques entre le Professeur Choron et Jean-Christophe Florentin. Morceau choisi.

9 décembre 1991, 15 heures 15.

[...]

Jean-Christophe Florentin : Professeur Choron, la propagation du sida vous inquiète-t-elle ?

Professeur Choron : Les hommes savent depuis longtemps stopper net les terribles épidémies de maladies contagieuses mortelles. Prenons pour exemple la fièvre aphteuse qui dissémine les troupeaux de bovins. Eh bien, on abat tout simplement les animaux malades. Le procédé est cruel, mais combien de boeufs, veaux, vaches, ont été sauvés grâce à cette mesure radicale. En ce qui concerne le sida, ne nous voilons pas la face, la solution est là.
D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, les américains ont démontré l’efficacité de

La chanson de Choron !



Le tango des affamés, par le Professeur Choron. Le Professeur Choron nous a laissé un oeuvre assez conséquente et méconnue ou plutôt sous-estimée de chansons, avec des textes très profonds et poétiques. Il était impossible de ne pas mettre dans ce numéro un dessin de l'immense Philippe Vuillemin, qui a

Roman photo du professeur Choron.

Choron par Marc-Edouard Nabe.

Marc-Edouard Nabe a publié ses premiers dessins dans Hara-Kiri, en 1974, dès l’âge de 15 ans. Une expo de ses dessins a d’ailleurs eu lieu en décembre dernier dans une galerie à Paris. S’étant par la suite dirigé vers la littérature plutôt que le dessin d’humour, il a malgré tout continué à fréquenter la mythique rue des trois portes, dont les récits figurent dans son journal intime. Un hommage à Choron ne pouvait se passer de ces mots savoureux, car, comme le dit Jackie Berroyer, « Les plus belles pages sur Choron sont dans le journal de Nabe, un autre artiste contemporain, très dérangeant. » Morceau choisi.

Mardi 15 mai 1984 : [...] Charlie Hebdo et Hara-Kiri ont tout débloqué. Avant eux, il n’y avait rien. Il y avait Ici Paris et France-Soir. J’aimerais que tous viennent dire

Choron, Dernière.


Extrait du film Choron, Dernière, réalisé par Pierre Carles et Eric Martin sorti au cinéma le 7 janvier 2009. Cavanna est extrêmement touchant dans ce passage, et rappelle à juste titre qu'il n'y aurait pas eu Hara Kiri ni Charlie Hebdo sans le Professeur Choron, trop souvent oublié dans cette histoire... Choron, ce "mystique de la subversion" comme le dit Marc Edouard Nabe dans ce film, a

samedi 14 juin 2014

L'interview de Gustavo : Pierre Carles.

Blacklisté partout, sa résistance s'organise autour d'internet, de trop rares cinémas indépendants et projections "sauvages". Sa critique des grands médias n'est pas bête et facile comme souvent ailleurs, elle est réfléchie, cohérente, consistante. Dans ses films, il donne la parole à ceux qui ne l'ont jamais, et ça fait du bien ! Il nous a reçu dans ses locaux montpelliérains : entretien fleuve avec Pierre Carles.

Gustavo Mazzatella : Qu’est-ce que ça vous fait de vous faire interviewer par un « non-journaliste » ?

Pierre Carles : C’est une question que je ne me pose pas, la question c’est de savoir si les gens qui m’interrogent ou qui discutent avec moi ont des choses intéressantes à dire ou non, des choses personnelles ou si ce sont des perroquets. C’est gênant d’avoir en face des personnes qui ne pensent pas par eux-mêmes

lundi 13 janvier 2014

AUTOPORTRAIT. Gustavo Mazzatella.

Cette succession de mots et phrases est le fruit pourri d’une observation assidue de l’espèce humaine au cours des années 2000.

« L’humanité entière est en train de mourir, et sa mort est banale. » Pier Paolo Pasolini.

Les gens sont lâches, vulgaires, cyniques, impudiques, inintéressants, inintéressés, imbus de leur personne, sales, sages, moralisateurs, donneurs de leçons, réacs, ingrats, ignares, arrogants, irrespectueux, laids, moches, bêtes, linéaires, ternes, vides, veules, politiquement corrects, prévisibles,

mardi 13 août 2013

Les péquenots du cœur. Gustavo Mazzatella.

Comment les Restos du cœur peuvent-ils exister encore aujourd’hui... Ne croyez pas que je vais m’insurger du fait qu’en 2013, il y ait toujours des gens qui meurent de faim, je laisse ça aux « enfoirés ». C’est d’eux justement qu’il va être question, de tous ceux qui participent à cette mascarade ô combien charitable contre laquelle il n’est pas admis de s’indigner.

Ces cons peuvent se réjouir : ils vont pouvoir utiliser à nouveau la photo de leur Dieu non vivant Coluche dans tous leurs locaux et pour leur communication. Car oui, même une association se doit de faire de la propagande de nos jours. Il a donc été celui qui a créé cette connerie qui porte un nom. Je suis un très grand admirateur de Coluche, jusqu’au 16 mars 1981, date de la mort de sa subversion. Tout ce qu’il a fait après ne vaut quasiment rien, et les Restos du cœur sont l’apothéose de ce néant... Tout comme l’Abbé Pierre était un salaud, le Coluche d’après

mercredi 13 mars 2013

L'interview de Gustavo : Pacôme Thiellement.

Pacôme Thiellement vu par Arnaud Baumann
(devant une toile de Orsten Groom)
Première interview masculine ! Il était temps, à force, on m’aurait pris pour un militant féministe, quelle horreur... Mon dernier article (billet d’humour) a été inspiré par un livre de Pacôme Thiellement, Tous les chevaliers sauvages, tombeau de l’humour et de la guerre, que je citais d’ailleurs. J’ai eu la chance d’échanger des mots avec ce personnage atypique et mystique, que j’avais découvert sur le plateau de l’émission de Fréderic Taddéi, Ce soir (ou jamais !). Ce barbu même pas islamiste qui a dépassé l’âge du Christ a écrit plusieurs essais, notamment sur la série Lost, Led Zeppelin ou encore Frank Zappa. C’est pas le genre de mec à dire des conneries, voyez par vous-même.


Gustavo Mazzatella : Pouvez-vous vous présenter ?

Pacôme Thiellement : Je suis né à Paris. Je m’appelle Pacôme Thiellement.

GM : Vous définissez-vous comme un écrivain ?

PT : Je suis démonologue. Je travaille sur la question du diable, du Mal, des démons, des tortures éternelles. Parfois je fais des textes, parfois des films (avec Thomas Bertay).