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mardi 27 juin 2017

La fin du politique

« C’est la force perverse des cyniques et des corrompus ; ils font toujours plus d’obligés que les vertueux. »
Jacques de Saint Victor, Via Appia

Le dauphin de Chine, le grizzli mexicain, le rhinocéros noir ont disparu de la surface de la Terre, et il me semble regrettable que l’animal politique ne les suive pas au tombeau : il s’accroche, le fourbe, présentant même la très extraordinaire particularité d’être à la fois moribond et tout sautillant. Il ne peuple qu’un monde croulant, moisissant sur pied, vieux –mais pas vieux qui aurait amassé une sagesse au fil du temps, non : vieux qui aurait amassé l’oseille, plutôt- et qui tente désespérément de nous faire croire qu’il est le seul envisageable, le seul viable, le seul vivable. Ils coulent en méprisant encore ceux qu’ils emportent avec eux. Ils ont saboté le navire, et te font croire qu’ils nous mènent au Nouveau Monde. Oh je ne m’appesantirai pas sur les circonvolutions de la campagne présidentielle ou des législatives, d’autres l’ont fait très lourdement, et c’est déjà bien assez difficile d’y échapper pour vouloir en resservir une plâtrée. En vérité je ne suis pas plus écœurée par les scandales à grandes audiences médiatiques ou par les grandes joutes télévisuelles que par les petites réunions de conseils municipaux ou les distributions de tracts sur la place publique.

mercredi 8 mars 2017

Avertissement


Pour en finir avec la démocratie

Maeki Maii par lui-même
La démocratie ressemble à s’y méprendre au cadavre de trois jours d’un chien errant qui pourrirait au bord d’une route de campagne à 13 kilomètres de Perpignan sous un soleil de plomb. Tous deux sont reconnaissables aux nombreuses mouches à merde qui voltigent autour et à la langue qui pendouille. La seule différence est que le chien a été en vie à un certain moment. Lui, au moins, il a marché durant son existence. La démocratie, non. Nous sommes régulièrement tentés de dire de la démocratie : « Qu’elle crève ! ». C’est évidemment vain : elle n’a jamais été vivante. Elle s’est contentée de n’être qu’un ersatz de liberté, un moyen d’expression populaire totalement fictif, de la merde en poudre aux yeux. Cessons de nous leurrer, nous avons toujours vécu dans une dictature ! Une dictature molle et visqueuse semblable à de la vase bien purulente qu’on appelle affectueusement « Société de consommation ». Le fonctionnement de notre société actuelle ne dépend pas du résultat d’un vote mais bel et bien du degré de consumérisme de la population. Les représentants de l’Etat ne sont là que pour veiller sur le taux de consommation des individus qu’ils régissent. Chaque président d’un pays n’est qu’un gouverneur provisoire d’une province du grand royaume de la consommation. Les mises en place successives des différents types de gouvernements dits « de droite » et « de gauche » ne servent au bout du compte qu’à donner l’impression au peuple qu’il y a un pouvoir et une opposition. Mais nous constatons que la mise en place de tel et tel gouvernement ne modifie

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Maurizio Cattelan Campagna elettorale, 1989
"Le vote est précieux GARDEZ-LE"
Publicité parue dans le journal La Repubblica

dimanche 23 octobre 2016

L'abstention : l'ultime vote de la foi et de la raison

Extrait choisi d'un livre clairvoyant, précis et extrêmement pertinent, en ces temps d'islamophobie et d'intolérance décomplexées... Un grand merci à l'auteur et l'éditeur pour l'autorisation de diffusion de ce texte, en adéquation parfaite avec notre campagne pro-abstention.

Il faut distinguer deux sortes d’abstentionnismes qui peuvent atteindre le citoyen contemporain. Tout d’abord, celle relevant du processus de dépolitisation démocratique, la perte d’intérêt du vote est alors perçue par l’individu :

- Soit comme : inutile d’apporter sa propre contribution à une architecture qui ne semble pas avoir besoin de lui, ou bien alors, comme un effondrement de la pertinence politique, sublimée de plus, par une volonté de combler des désirs hédonistes : c’est l’apathie sociale que crée l’individualisme démocratique.
- Soit une abstention de « semi contestation » issue d’une volonté de rénovation

Le criminel, c'est l'électeur !

C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta